CONTACT DE RUE :
Angle Montorgueil / Étienne Marcel (le 24/11/2003, 19H)

Je peux penser
Je peux téléphoner
Je peux écrire
Je peux (draguer)
Je peux interpeller les gens
J'aurai envie de leur dire: "Pensez-vous être, en cette fin d'année 2003,
un modèle de bonheur?"
Je peux regarder les gens qui passent.
Qu'est-ce qu'il NOUS manque ?
Qu'est-ce qu'il ME manque ?
Qu'est-ce qu'il ME/NOUS manque ?
J'ai envie de répondre : COMMUNIQUER VRAIMENT !
Par Internet, par courrier, dans la rue...
(Je trouve que nous sommes dans une société où l'on donne l'impression de
pouvoir parler de tout, sans jamais parler de rien).
Je me dis aussi que cela dépend de la qualité des personnes que l'on
rencontre.
(trois personnes intérrogées, trois NON).
- Pourquoi NON ? dis-je à cette jeune femme.
Elle réponds: parce que Paris ...
Moi: Agir, réfléchir; réfléchir, agir.
(Maintenant je dirais réfléchir avec son cœur, pour agir avec son cœur;
croire, c'est chercher).
Et elle conclut en partant: Il faut positiver !
(En langage parisien, cela veut dire prendre sur soi, en bouffer à longueur
d'année, sans que jamais rien ne se passe... Mais je suis quand même content,
car c'est l'une des rares fois où une jeune femme dans la rue accepte de
s'arrêter et de prendre quelques minutes pour me parler. Je me dis que nous
avons donc dépassé quelque chose de la routine et du mutisme ambiant).
- Pourquoi NON ?
Parce que je ne cherche pas à être un modèle, me répond un jeune homme.
Je lui repose la question différemment: êtes-vous heureux ?
- Je ne me sens pas malheureux, me dit-il.
(Moi, je prends des notes sur un bout de papier).
Je lui parle du grand sujet universel de la construction de soi .
Il me réponds : A force de vouloir être mieux que soi-même, on n'a plus le
temps d'être soi-même.
- Qu'est-ce que "être soi-même" ?, je lui demande.
- S'accepter en tant qu'humain dans une société, dit-il.
- Qu'est-ce qu'une société ?
- Un ensemble d'êtres humains qui intéragissent ensembles.
Alors, je lui demande : Qu'est-ce qu'une "Agora" ?
(Ce lieu qui reste à inventer, à créer, dans la ville. Je trouve que
actuellement, les gens qui sont dans l'amour / qui ont une vision humaniste
du monde et de l'avenir, ont du mal à se reconnaître, à se rencontrer, à se
parler, à s'organiser ensembles).
Puis, je lui parle d'une question que je me pose en ce moment:
"Qu'est-ce que j'ai apporté dans cette société ?"
Lionel : "Pourquoi devrais-je apporter quelque chose ?"
Je lui dis : parce que bonheur = efforts .
(le Bien est une construction).
Je lui parle de mon projet de créer un rendez-vous annuel de l'"agora", dans
la rue, à la manière de la cité antique grecque, lieu de libre échange dans
la cité (à condition de lutter pour plus de "liberté publique" qui est un cadre
actuellement régi, compartimenté par des lois), fête de la liberté et de
l'existencialisme (*), où les gens pourraient se rencontrer, se parler, se rêver,
s'imaginer ensembles dans un autre monde possible, un "tout autre" avenir, avec
un site Internet/carte de visite qui regroupe toute initiative qui tend à
"dépasser" la vie dans la cité.